Le livre dont vous êtes la victime est le livre auto-édité que j’ai écrit et diffusé sur Amazon. J’ai eu envie de revenir un peu sur comment j’ai écrit ce livre, en particulier ici sur comment j’ai imaginé l’histoire du roman.

Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à aller directement sur la page Amazon du livre dont vous êtes la victime. Vous pourrez aussi lire un extrait gratuit !

Trois images de départ pour construire l’histoire du roman

Tout est parti de trois images ou trois idées qui n’avaient rien à voir entre elles mais qui ont fini par constituer la base de l’histoire du roman.

En deux mots, il y avait l’idée d’un enlèvement, même si au départ la scène que j’avais en tête n’avait rien à voir avec l’histoire d’enlèvement qu’on retrouve effectivement dans le livre. Ensuite, l’idée de la maison, celle qui appartient dans le livre à la soeur du personnage principal, bref une autre idée qui n’avait donc rien à voir.
Et enfin, j’avais l’idée de la forêt à la fin. Je ne sais plus exactement ce qui s’y passait dans mon idée de départ.

Je ne saurais pas vous dire comment ces trois idées me sont venues. D’ailleurs, ce n’est pas important. Ce qui importe, c’est que c’est à partir de ces trois idées qui comme vous le voyez n’ont aucun rapport entre elles, que j’ai pu construire mon histoire petit à petit.

L’écriture du récit: le lecteur d’abord !

Même si j’ai déjà parlé de comment écrire l’intrigue d’un roman, j’avais envie de rajouter d’autres éléments ici que je n’avais pas abordés la dernière fois.

Notamment, l’idée qu’il faut placer le lecteur en tête de nos préoccupations lorsqu’on écrit. D’accord, il faut “écrire sans jouer à l’écrivain” (a dit Pennac), mais je trouve que l’écriture, surtout au niveau de la conception de l’histoire, doit avoir pour objectif de plaire au lecteur. Dans un polar, le divertissement est au centre : il faut donc une intrigue qui puisse captiver, intéresser.

C’est plus quelque chose à garder en tête que le point de départ de la réflexion : à mon avis, si vous commencez par vous demander “qu’est-ce qui pourrait plaire au lecteur à ce moment-là ?”, vous n’arriverez à rien de bon.

Ça veut donc dire plusieurs choses : travailler le suspense, quitte à mettre quelques moments-clés “page-turner”. Ensuite, penser à inclure des respirations. Dans le genre du thriller, le rythme peut parfois être très rapide, le style assez saccadé, mais il faut aussi savoir reprendre son souffle de temps en temps !

Enfin, essayer d’avoir un enchaînement logique. S’il s’agit d’un roman policier « traditionnel », c’est-à-dire avec une enquête, le lecteur, forcément, va essayer de la résoudre avec vous et avant la fin. Personnellement, je déteste quand la solution arrive par un élément extérieur qui n’était pas là avant dans le roman, quelque chose qui tombe du ciel au bon moment pour donner la solution. C’est un peu de la triche, selon moi.

Les personnages sont-ils des auteurs de l’histoire ?

J’ai toujours un peu de mal à créer mes personnages. Je sais que certains auteurs font de vraies fiches d’identité de leurs personnages, avec leurs traits de caractère, leur histoire, etc.

Je n’ai jamais réussi à faire ça, et je n’ai jamais réussi à me tenir à ce qu’il y avait écrit sur la fiche !

J’ai plutôt une vague idée de qui est mon personnage, une impression générale de ce qu’il m’inspire. Puis il s’étoffe au fur et à mesure que j’avance dans la conception de l’histoire du livre.

Une fois qu’un personnage a une vraie personnalité, c’est là qu’il devient intéressant pour écrire l’histoire. En effet, je peux parfois avoir prévu telle ou telle réaction, action, etc, de la part d’un personnage, qui sert mon intrigue et me permet d’aller tranquillement vers son dénouement.

Or, je me rends compte après coup qu’il est tout simplement impossible, compte tenu de la personnalité de mon personnage, qu’il ou elle réagisse de la manière dont je l’avais décidé.

Je pense qu’il est très important de suivre cet instinct : c’est ce qui fait que le roman sera cohérent, et qu’on croira aux personnages. Donc les personnages aident à l’écriture de l’histoire !

La place de l’histoire dans le roman

Pour finir, une dernière chose à avoir en tête, selon moi, au moment de concevoir l’histoire d’un roman. J’en ai déjà parlé avec vous, pour moi écrire un roman passe par trois niveaux : le récit, le style et le message ou thème.

Au moment de l’écriture de l’histoire, il faut donc garder en tête les autres aspects du livre. Les trois niveaux d’écriture vont se former plus ou moins en même temps. On en parlait, le style d’écriture doit servir le récit, et vice versa. Au moment d’écrire l’histoire, il faut avoir à l’esprit la manière dont vous souhaitez l’écrire. Le fond et la forme doivent être cohérents, donc à partir du moment où vous voulez travailler sur un aspect du style précis, vous ne pouvez plus faire n’importe quoi au niveau de l’histoire.

C’est pareil au niveau du thème du roman. Le thème du roman, c’est ce dont vous voulez parler : la Guerre de Cent ans, la dépression, la solitude, l’amour, la question de savoir s’il faut être bon pour être heureux…

Vous voyez bien que l’histoire doit être imaginée en fonction du ou des thèmes : les thèmes principaux seront mis en avant, tout en étant intégrés à l’intrigue pour ne pas être “plaqués” de manière artificielle…

Des idées pour l’histoire, partout, tout le temps

Pour finir cet article un peu long, je veux finir par dire que l’histoire du livre dont vous êtes la victime s’est construite petit à petit. Au fur et à mesure, j’ai eu des dizaines et des dizaines de micro-idées, qui parfois se réduisaient à une phrase à mettre dans le roman, à un geste d’un personnage, à une image…

J’ai fini par recouvrir un mur de mon appartement de post-its de toutes les couleurs sur lesquels étaient écrits parfois un seul mot. Idées qui me venaient n’importe quand, dans mon lit, dans le métro, en marchant dans la rue… et que je notais quelque part avant de les recopier sur mon tableau de bord mural. C’était très moche, mais j’avais devant moi toutes les idées, et petit à petit j’ai pu les agencer pour aboutir à une trame plus ou moins précise.

Donc écrire, ça se fait tout le temps, et surtout quand on écrit pas ! Les idées vont venir sans prévenir, à n’importe quel moment, particulièrement quand vous n’essayez pas d’en avoir. Il faut juste être à l’écoute ! Et se souvenir qu’écrire, c’est avant tout un plaisir (et un travail, et une souffrance), et donc vous aurez envie d’y penser tout le temps. Donc vous aurez des idées tout le temps !

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