Comment écrire : trois niveaux de l’écriture

/ mars 20, 2017/ Ecriture/ 0 comments

Comment écrire ? Les trois niveaux du roman

Comment écrire un roman ? Je ne suis pas grand écrivain, je n’ai pas de position d’autorité pour vous parler de tout ça, ou quoi que ce soit du genre. Mais bon, j’ai écrit un roman, le livre dont vous êtes la victime, je travaille actuellement sur un deuxième roman, et je peux au moins vous parler de ce que je fais moi, de comment ça marche pour moi, dans ma petite expérience. Et aussi, je suis sur mon site, c’est moi le chef, je dis ce que je veux.

A mon sens, on peut trouver trois niveaux d’écriture, ou trois grands éléments auxquels faire attention pour construire un roman. On regarde ça ensemble ?

On va parler de quoi ?
1- Le récit : squelette de l’écriture du roman
2- Le message, le thème : ce qu’il y a derrière l’écriture
3- Le style : moyen d’écriture et fin en soi du roman

Le récit : squelette de l’écriture du roman

Le récit, c’est la partie la plus évidente de l’écriture du roman. C’est ce à quoi on pense tout de suite. Comment écrire un roman ? Qu’est-ce que je vais dire ? On recherche d’abord une histoire. On a raison.

La trame, le récit, l’histoire, le scénario, appelons-le comme vous voulez, est essentiel puisque c’est sans doute ce qu’on juge en premier. C’est ce dont les 4e de couverture parlent, c’est ce qui donne envie de continuer à lire, de tourner encore une page de plus. Et amener le lecteur à vouloir continuer, encore une page, encore un chapitre est le grand défi de l’écriture. Alors que lecture signifie bien souvent temps volé sur le tourbillon des activités quotidiennes, alors que le livre perd du terrain face au numérique.

C’est aussi ce qu’il y a de plus simple, sans doute, peut-être. Dans le cas du livre dont vous êtes la victime, mon premier roman donc, j’ai pu m’appuyer sur le récit, policier, donc bien balisé, donc se déroulant presque de lui-même, en tout cas relativement facile à contrôler.

Attention, le récit doit être bien construit, et peut aussi être un grand défi du livre.

Le message, le thème : ce qu’il y a derrière l’écriture

Le thème, le message, l’idée… c’est ce qu’on veut dire, c’est le sujet qu’on veut aborder, l’idée qu’on veut développer. Ca peut être très large, il peut y avoir toute sorte de messages :

  • Un endroit dont on a envie de parler, et dans ce cas on placera tout ou partie de l’intrigue dans ce lieu.
  • Un événement (plus ou moins) historique : de la même manière, on utilisera le récit pour l’aborder.
  • Une idée, une réflexion : c’est la formidable opportunité que donne le roman de réfléchir d’une autre manière, plus librement peut-être que la philosophie ou les sciences sociales. Le roman a accès à un autre mode de réflexion, qui donne plus de place à l’émotion, à l’évidence, à l’exemple, loin des exigences de la didactique.
  • Un thème esthétique : le message peut aussi être une ambition, ou en tout cas une envie, esthétique. Exemple : dans le livre dont vous êtes la victime, l’envie de casser la banalité qui recouvre parfois les événements traditionnels du polar, et de leur redonner leur force.

On le remarque tout de suite, le thème, qui n’apparaît pas directement, la plupart du temps, sauf à inclure des passages proches de l’essai dans le roman, à la Kundera, devra s’appuyer sur les autres niveaux d’écriture. On commence à le voir déjà : les trois niveaux d’écriture vont travailler ensemble.

Le style : moyen d’écriture et fin en soi du roman

Le style, c’est avant tout le moyen, le comment, à la fois au service du récit, pour rendre compte d’une émotion, de la force d’un événement, par exemple, pour susciter suspense, émotion, tout ce qu’on veut, et au service du thème et du message, notamment dans ses dimensions esthétiques. Par exemple, le livre dont vous êtes la victime est rédigé entièrement à la deuxième personne du pluriel. Le but est qu’on se dise en lisant, ah oui, ça pourrait m’arriver. Donc le style est ici au service du but esthétique plus large, avec d’autres éléments. Par exemple, un élément du récit poursuit le même objectif, c’est de parler de la vie quotidienne de Léo, le personnage principal, ou du moins de sa vie après l’enlèvement, pour ne pas être que dans le polar.

Mais attention, le style n’est pas qu’un moyen d’écriture, c’est aussi une fin en soi. Même exemple : construire un roman entièrement au vous était un défi esthétique, parce que c’est une forme plus lourde, avec ses sonorités plus agressives, ses longues terminaisons, avec une forme réfléchie qui prend beaucoup de place dans la phrase. Donc le style est aussi une fin en soi, et est pour moi un niveau d’écriture au moins aussi important que les deux autres.

 

En fait, les trois niveaux d’écriture qui, toujours dans mon opinion personnelle, composent le roman, sont de même importance. Ils ne peuvent pas travailler individuellement : impossible de faire passer un message sans utiliser des éléments de style ou de récit pour le soutenir, impossible d’avoir un récit intéressant si le style ne le conforte pas…

D’où une grande difficulté de la construction du roman : il faut penser aux trois niveaux en même temps, les concevoir en même temps, pour qu’ils se soutiennent l’un l’autre. Je pense même que les trois niveaux d’écriture doivent avoir une importance égale dans le roman pour qu’il soit à la fois captivant, bien écrit, et intéressant. Une fois encore, tout ceci n’est que mon avis personnel. Vous écrivez ? Vous lisez ? Quels sont, pour vous, les éléments fondamentaux du roman ? Parlons-en !

Mise à jour : 20/03/2017
Auteur : Malo de Braquilanges, auteur du livre dont vous êtes la victime.

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