Comment construire un récit de roman ?

/ mars 24, 2017/ Ecriture/ 0 comments

Comment commencer un récit de roman ?

Le récit est une des trois composantes essentielles de l’écriture du roman. C’est lui la trame, l’intrigue, la narration, bref, le squelette du roman. C’est lui qui fait, en partie, son intérêt, c’est lui qui donne envie de lire la page suivante. Comment construire un récit de roman ? Par quoi commencer ? On s’y penche.

On va parler de quoi ?

1- Ecrire un récit de roman : par quoi commencer ?
2- Comment organiser ses idées ?
3- Tout planifier ou se laisser guider par le récit ?

Ecrire un récit de roman : par quoi commencer ?

Construire un récit de roman, développer une histoire, des personnages, une idée, éventuellement des rebondissements, des péripéties, bref obtenir un roman qui se tient, qui est cohérent, et surtout qui est intéressant, est un vrai défi. Au juste, par quoi on commence ? Je vous parle du tout premier jour, comment passer de rien à une narration construite et structurée ?

Ce qui vient en premier (pour moi), l’élément de base, l’unité la plus petite du récit, c’est la situation. Elle peut être une image qui dure quelques secondes, une scène entre des personnages, un endroit… Par exemple, dans mon roman le livre dont vous êtes la victime, c’était entre autres la vision de la maison de Lucie et Mathilde, comme lieu de paix relative.

Une fois qu’on a une, deux, dix situations, comment organiser ses idées pour en faire un vrai récit

Comment organiser ses idées

C’est sûrement la partie la plus difficile. Avoir des idées est relativement simple (parfois), les mettre en ordre, c’est souvent autrement plus compliqué. A mon sens, l’auteur est confronté à deux problèmes :

Le problème de la cohérence

Evidemment, le but du jeu est de faire un roman qui se tient, avec une certaine unité, au moins une direction générale, bref, une histoire avec un début et une fin. Le problème, c’est que les situations, qui sont donc la donnée de départ et la matière première du récit, ne sont pas forcément liées les unes aux autres. Un exemple est donné par Fred Vargas au micro de France Inter pour la sortie de Un lieu incertain. Elle témoigne avoir eu deux idées complètement contradictoires, dont elle ne parvenait pas à se départir. D’une part, l’image d’un arbre qui pousse dans la nuit. J’ajoute qu’elle dit avoir lutté contre cette idée, qu’elle ne trouvait d’abord pas sérieuse. D’autre part, la glace islandaise. On imagine la difficulté de réconcilier ces deux éléments qui n’ont aucun lien entre eux.

A cela s’ajoute la difficulté de trouver une cohérence entre les situations du récit, et les éléments de message ou de thème qu’on souhaite développer, les envies stylistiques qu’on souhaite développer… Le niveau de difficulté peut, ici, augmenter très rapidement.

L’écrivain aveugle

Le deuxième problème majeur de l’organisation des idées dans un récit unifié est la difficulté de juger ses propres idées. Comment savoir l’effet produit par un rebondissement, le degré de mystère attaché à un suspense qu’on essaie de créer ? Comment évaluer si telle surprise est… surprenante ? L’écrivain est forcément aveugle sur l’effet produit par ce qu’il écrit sur le lecteur.

Une seule solution : faire lire son travail au maximum. Ce sont les autres, les cobayes, les lecteurs-beta, qui pourront nous faire un retour et des critiques constructives sur le récit (et sur les autres éléments du roman, évidemment). Je pense tout de même que le regard des proches peut être dangereux pour l’écrivain : le roman est un travail personnel, qui ne peut pas se laisser influencer par les autres pendant sa conception. A mon avis, il vaut mieux attendre d’avoir fini l’intégralité du roman, au moins un premier jet, avant de montrer son manuscrit à d’autres.

Tout planifier ou se laisser guider par le récit ?

Faut-il tout préparer à l’avance, connaître le déroulement exact du récit au chapitre, à la page près, avant de se lancer dans la rédaction ? Difficile de répondre à cette question. La sensibilité de chacun tranchera naturellement. Je pense néanmoins qu’il faut une grande maîtrise pour parvenir à écrire un roman logique, cohérent, sur le fond et la forme, qui ne part pas dans tous les sens, sans plan préétabli. A l’inverse, on peut se laisser étouffer par un plan trop détaillé, et finir par ne faire que relier les points décidés à l’avance. Avec le risque d’avoir un résultat trop scolaire, sans vie.

Ces deux éléments en tête, je pense qu’il est plus prudent de planifier au moins les grandes lignes de l’intrigue. De savoir où on va. Et le problème de la rigidité qui peut en naître peut se résoudre par un effort d’attitude. Il faut rester à l’écoute du récit qui s’écrit sous nos yeux. On sait qu’on a une grande direction vers laquelle emmener le roman : elle doit être un guide et non une contrainte. Le roman, l’évolution des personnages qu’on ne contrôle jamais complètement, peut nous renvoyer une image différente. Il se peut qu’on se rende compte que ce qu’on avait décidé n’est plus possible, parce que les personnages ne peuvent réagir comme ça, par exemple. En un mot, il faut rester souple, tout en suivant globalement une ligne tracée à l’avance pour ne pas se perdre.

Construire le récit mérite une attention particulière. Evidemment, ces réflexions sont les miennes, et n’engagent que moi : c’est comme ça que je fonctionne. Chacun a une sensibilité différente, n’a pas forcément les mêmes besoins, et fonctionne à sa façon toute personnelle. Vous faites comment, vous, pour construire votre histoire ?

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