Le carré jaune des fenêtres, mon nouveau roman, sort le 31 mars. Je fais donc un peu de pub, mais surtout j’ai eu envie de parler avec vous de ce roman et de ce que j’ai cherché à y mettre.

Résumé du carré jaune des fenêtres

Salut, bonjour, enchanté mon fils. 
Tu n’es pas encore né, moi je t’attends et j’attends de mourir, alors je t’écris.

Je vais te raconter ta mère, nous, notre vie, elle aura été belle, je crois, malgré la routine, malgré la solitude, malgré nous surtout.

Je t’écris pour être le père que je ne pourrais pas être, pour rattraper je ne sais quoi d’héritage, pour t’apprendre qu’on ne regarde jamais les autres que par le carré jaune des fenêtres.

Plus précisément, puisque j’ai plus de place ici que sur une 4e de couverture, le carré jaune, c’est l’histoire d’un homme qui va mourir et qui le sait, qui pendant ses derniers mois écrit une longue lettre en forme de testament, adressée à son fils à naître. Il y raconte sa vie, bien sûr, un peu du monde, un peu le couple, son histoire avec Julie, la mère de l’enfant. Il donne son intimité toute entière, pour chercher à laisser une trace, à être tangible, le plus possible, dans la vie de son fils qui n’aura jamais de père.

Pourquoi ce livre ?

Si vous avez lu mes autres articles, vous savez que j’aime découper un livre en trois matériaux : le récit, le style, le thème.

Pour le récit, on vient d’en parler, je voulais une histoire extrêmement quotidienne, il n’y a rien d’extraordinaire dans leur vie, couple banal, vie banale, mort banale. Ces personnages ne sont pas de grands héros tragiques, rien de fascinant au fond, et justement c’est ça qui m’intéressait, parce que nos vies sont rarement fascinantes et pourtant on peut en faire des romans.

Le style, qui avait été ma préoccupation première sur le livre dont vous êtes la victime, ici m’a posé pas mal de problèmes. Je voulais quelque chose d’intime, puisque c’est un père qui parle à son fils, de suffisamment écrit tout de même, puisque cette lettre devient un roman. J’ai laissé parler mes imperfections, des entorses à la syntaxe, pour faire entendre une voix qui serait la mienne. J’ai souhaité trouver de la beauté dans une écriture proche de l’oralité.

Le thème, plutôt les thèmes, c’est cette partie qui a été à l’origine du roman. La mort, bien sûr, mais ce n’est pas un roman sur la mort, ni sur la maladie, elles sont là dans la vie d’Antonin, ce père, sans y être au centre. L’idée de vocation, des rêves, puisque Antonin raconte la jeunesse des personnages. Les rêves déçus puisqu’ils n’aboutiront pas, ou peu. Les différences face à cela entre les personnages. Et puis la routine, par suite, qui s’installe, dans le couple, autre grande matrice du roman, dans la vie aux rêves déçus, la routine ambiguë parce qu’ennemie et rassurante à la fois. Enfin, la solitude comme dernier grand thème, solitude par impossibilité de se comprendre, même après dix ans de couple, parce que les mots ne veulent pas dire la même chose pour celui qui les prononce et celui qui les reçoit, parce que les souvenirs n’ont pas la même connotation, aussi parce que les actions sont parfois des trahisons de la pensée, alors la solitude qui isole les êtres, on ne regarde la vie des autres que par le carré jaune des fenêtres, la nuit.

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